• T.L.

Débrief : Australie 2022.


https://www.eurosport.fr/formule-1/grand-prix-d-australie/2022/grand-prix-d-australie-leclerc-seul-au-monde-mais-pas-euphorique-continuer-de-pousser-un-max_sto8879109/story.shtml
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Qu'il était attendu ce retour en Australie ! Sur une nouvelle version de l'Albert Park, plus rapide, moins sinueuse, plus adaptée aux nouvelles monoplaces, on avait hâte de revoir un tracé absent du calendrier depuis plusieurs années, dans un pays où la passion fait plaisir à voir. Des tribunes pleines dès les premières séances de roulage, jusqu'à l'envahissement de la piste après le drapeau à damier, Melbourne nous avait manqué.


On avait tout de même une petite crainte de débarquer sur un tracé qui n'allait pas nous faire sortir du lit (par rapport à l'horaire matinal, c'est une blague, on est drôle chez FORMULA). À l'accoutumée, l'Australie était le premier Grand-Prix de l'année, et même si la course n'était pas extraordinaire, on était heureux et euphorique de retrouver notre sport préféré. Eh bien figurez-vous que cette crainte a été balayée, puisque l'on a eu une course très intéressante.



Charles Leclerc est, comme à Bahreïn, et comme à Jeddah, même s'il avait terminé deuxième, le grand gagnant de ce weekend. C'est une nouvelle prestation XXL pour lui, et nous, on va commencer à s'y habituer... Une pole position dominante, une gestion de course parfaite, une stratégie efficace, le tout amenant une belle victoire et le meilleur tour en guise de cerise sur ce gâteau. Il s'installe solidement en tête du championnat, et porte à merveille la cape de favoris pour le titre final.


Et ce statut est d'autant plus évident après un Dimanche assez chaotique pour ses poursuivants. À commencer par son coéquipier, Carlos Sainz, qui a vécu un weekend cauchemardesque. L'Espagnol est d'abord piégé en Q3 par un drapeau rouge, alors qu'il s'apprêtait à faire un très gros temps. Son deuxième relais est manqué, et il est forcé de s'élancer depuis la fin du top 10. Le lendemain, il reste vissé sur la grille de départ, dégringole au classement pendant deux tours, puis, lors d'une tentative de dépassement, très audacieuse, il perd le contrôle de sa voiture et termine sa course au fond du bac à graviers. Un weekend à oublier pour Carlos Sainz qui perd peut-être ici l'équité qui pouvait régner chez Ferrari. Maintenant cela devrait être évident, Charles Leclerc sera favorisé, pour aller chercher le titre.


Une course au titre qui se fera avec Max Verstappen, c'est évident, même si ce dernier est très mal embarqué en ce début de saison, avec deux abandons en trois courses. Melbourne n'aura pas épargné les mécaniques, et le Champion du Monde en titre en aura fait les frais, alors qu'il était tranquillement installé à la deuxième position. Une casse moteur qui lui coûte très cher, puisque même si l'on est qu'au tout début d'une très longue saison, ce sont de très (très) gros points qui s'envolent...


Heureusement pour Red Bull, Sergio Pérez est là pour assurer les points. La place de dauphin du weekend qui était acquise à Verstappen s'est finalement vue occupée par son coéquipier. Et c'est tout de même encourageant, car preuve que Pérez est là où il faut, quand Verstappen n'y est pas. Et ne me parlez pas de la victoire, ce weekend Charles Leclerc était intouchable. Le Mexicain ne pouvait pas rêver mieux que la P2, et c'est ce qu'il a été chercher. C'est une très belle prestation pour lui, qui donne de sérieux arguments à Red Bull pour le conserver encore quelques temps...



Tous ces aléas auront profité à Mercedes qui réalise, à coup sûr, le plus gros coup du weekend. Alors qu'ils semblaient n'être nulle part, et qu'à l'issue des essais l'objectif était de terminer dans les points, accrocher un podium et une P4 relève d'un exploit. Mais comme à Bahreïn, la structure de Brackley montre qu'elle n'a pas été si dominante par hasard, et qu'elle est capable de capitaliser sur le moindre résultat.


C'est donc George Russell qui monte sur la dernière marche du podium, après une course très solide, et en ayant surtout profité de l'une des Safety Cars. Son coéquipier, Lewis Hamilton, est quant à lui piégé par la même voiture de sécurité. Une situation qui ne le ravit pas, mais à terme, c'est idéal pour Mercedes qui se positionne en parfait outsider. S'ils arrivent à comprendre leur monoplace et à l'exploiter, il faudra compter sur eux pour jouer des victoires en fin de saison.



Les moteurs Mercedes auront été à l'honneur tout le weekend, assez paradoxalement d'ailleurs, mais ce n'est pas pour déplaire au local de l'étape, ni à son équipe. McLaren est arrivé de nulle part, pour se placer comme la quatrième force du plateau ce weekend. Une performance que personne n'explique concrètement dans l'équipe, si ce n'est que « la voiture fonctionne bien à Melbourne », pour reprendre les mots de Lando Norris. Il faudrait essayer de comprendre, mais ce qui est clair, c'est qu'il y a un très net progrès entre la première manche et celle-ci. À Woking, on souhaite bien évidemment rester sur cette bonne dynamique.



Bien que les McLaren ne prennent la place de personne ce weekend, c'est Alpine qui aurait dû être P5 et P6. Les voitures étaient très rapides en Qualifications, à l'image d'un Fernando Alonso déchaîné qui allumait les secteurs avant de terminer son tour dans le mur suite à une casse mécanique. En course, la stratégie était bonne, le travail de l'Espagnol l'était tout autant, mais les Safety Cars sont venues lui mettre de sacrés bâtons dans les roues. Une perte de momentum qu'il n'a pas pu redresser en fin d'épreuve, terminant dernier.


Esteban Ocon, dans l'anonymat le plus complet, délivre une prestation très sérieuse également, et parvient, de son côté, à marquer des points. Il termine P7, se loge derrière les McLaren, mais devant les principaux concurrents d'Alpine au classement des constructeurs, et permet donc à l'équipe de sauver les meubles. Le weekend reste globalement encourageant pour la structure française qui, à défaut d'être fiable, est rapide.



Derrière, c'est le joyeux bordel, comme on s'y est désormais habitué. Valtteri Bottas termine P8 à la suite d'une bonne course, et de quelques belles manœuvres. Pierre Gasly le suit, après lui aussi une prestation solide, même s'il a perdu beaucoup de temps coincé derrière un Lance Stroll récalcitrant.


En comparaison, leurs coéquipiers respectifs terminent P11 et P15. Pour Guanyu Zhou, on reste sur une bonne course, dans un rythme intéressant. Le pilote chinois ne fait pas d'étincelles, ni bonnes, ni mauvaises. Il se contente de boucler les tours, en suivant un rythme défini, et apprend ce que c'est que de rouler en Formule 1. Pour Tsunoda, l'épreuve a été plus compliquée, et la mise en comparaison avec son coéquipier ne l'aide pas énormément... On va lui souhaiter de ne pas retomber dans une spirale négative comme la quasi-totalité de la saison dernière, mais on semble bien parti pour...


Autre comparaison qui fait mal, Albon et Latifi. Le premier marque le premier point de l'équipe cette année, grâce à une stratégie très osée. En effet, le Thaïlandais aura bouclé l'intégralité de l'épreuve sur ses pneus durs, avant de rentrer aux stands à la toute dernière boucle, et de passer des pneus softs. Il s'assure la P10, et c'est un coup de maître pour Williams. Il fallait en tout cas bien ça pour oublier le weekend désastreux de son coéquipier canadien qui termine quant à lui la course P16.



Contrairement aux premières courses, Haas n'aura pas été à son aise à Melbourne. Les deux monoplaces auront eu beaucoup de mal à trouver du rythme, ce qui les a relégués en fond de grille. Une course bien meilleure que les séances du Samedi, mais là encore c'est insuffisant pour marquer des points, ou impressionner. Bon, ça arrive, on ne va pas leur jeter la pierre.



On va se la garder pour Aston Martin la pierre... Et croyez-moi que si l'on pouvait, c'est toute une gravière qu'on leur jetterai... Ce weekend, Aston Martin aurait été le capital gagesque. En l'espace de trois séances, ce sont quatre crashs qui sont à noter, deux par pilotes. Lors de la FP3 tout d'abord, où les deux voitures s'envoient, l'une après l'autre, dans le mur, laissant beaucoup de travail aux mécaniciens. En Qualifications, c'est Lance Stroll qui, dans une manœuvre d'une débilité record, met un grand coup de volant dans la roue arrière gauche de Latifi, ce qui a pour effet d'envoyer son compatriote violemment dans le mur, et de briser la suspension de sa propre monoplace. Et le lendemain, c'est Vettel qui perd la voiture à la sortie d'un vibreur, et qui termine encore une fois sa course dans le mur.


Un bilan déjà très lourd que Lance Stroll aggrave, avec des manœuvres très agressives, dangereuses, ce qui lui vaudra d'ailleurs cinq secondes de pénalité. Je vous rassure, ça ne l'a pas calmé... Sebastian Vettel risque d'être bien plus calmé, puisque des bruits de couloir commencent déjà à évoquer une retraite pour le quadruple Champion du Monde. Une retraite qui pourrait même être anticipée... Mais bon, ne spéculons pas, et laissons le temps nous dire les choses.



En bref.

Qualifications – Pole position de C. Leclerc.

| E. Ocon P8, P. Gasly P11.

Grand-Prix – Victoire de C. Leclerc, suivi de S. Pérez et de G. Russell.

| E. Ocon P7, P. Gasly P9.



+ Mercedes et McLaren à la fête. Les résultats sont là, au moins pour ce weekend.

+ Charles Leclerc au-dessus du lot, qui assoie sa place de leader du championnat.

+ La nouvelle version de l'Albert Park, séduisante, rapide, spectaculaire, et propice à la bataille.


– Lance Stroll, auteur d'un weekend minable, aussi sportivement que moralement.

– La fiabilité du moteur RBPT qui est vraiment pété... (pardon, c'était facile).

– Carlos Sainz victime de son weekend, et emporté dans une spirale négative.


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