• T.L.

Débrief : Monaco 2022.


https://information.tv5monde.com/info/f1-sergio-perez-red-bull-gagne-monaco-une-course-rebondissements-458478
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Un seul élément pouvait venir dynamiser un Grand-Prix de Monaco qui, aussi spectaculaire soit-il, était promis à nous offrir notre plus belle sieste dominicale. Cet élément, c'est la pluie, annoncée depuis une semaine déjà, de plus en plus au fil des jours, puis, le Dimanche matin, plus aucun signe de ces prévisions. Heureusement pour nous, la promise est arrivée et aura complètement chamboulé cette épreuve, pour notre plus grand plaisir.



Certainement pas un sentiment partagé par Charles Leclerc qui, comme à Barcelone, avait tout fait pour gagner nettement cette course. Des essais très sérieux, aucune casse, une séance de Qualifications de très haute volée, et une première partie de course solide, suffisamment rapide pour creuser un écart important. Mais le destin a décidé de s'en mêler, et de priver Charles Leclerc, encore une fois, d'une victoire à domicile. Et par le destin, j'entends bien évidemment les stratégistes Ferrari qui, comme les dernières années où ils étaient en mesure de jouer le titre, n'ont pas vu l'évident, et ont transformé une sublime P1 en une cruelle P4.


Et le plus triste, c'est que cette stratégie n'est pas commune aux deux Ferrari, puisque Carlos Sainz avait, de son côté du garage, décidé d'imposer à son équipe sa propre stratégie. Faire directement la bascule des pneus Wet aux pneus Dry, sans passer par les Inters. Un choix qui s'est avéré gagnant (tout est relatif), puisqu'il termine P2, avec un rythme qui aurait nettement pu lui apporter la victoire si l'étroitesse des murs de Monaco n'était pas aussi handicapante pour les pilotes.


Mais bon, ce ne sont pas Red Bull et Sergio Pérez qui vont me contredire, bien au contraire, le Mexicain s'imposant au terme d'une course folle, et grâce à un coup stratégique de génie. Alors que la piste est encore mouillée, il est le premier du quatuor de tête à passer des gommes intermédiaires, déboulant sur une piste séchante, libre, et pouvant donc aligner les tours rapides. L'undercut, dans cette situation, est surpuissant. La preuve. Ensuite, c'est une formidable gestion de la part du Mexicain qui reprend son dû de Barcelone, et sur ce qui est sûrement le plus beau podium de la saison.


Max Verstappen, un poil en dessous de son coéquipier sur ce weekend, se hisse sur la dernière marche du podium, et permet à Red Bull d'asseoir sa position de leader au classement des pilotes. Par la même occasion, il étend encore un peu son avance au classement des pilotes. Un weekend gagnant pour la structure autrichienne, décidément en réussite à Monaco.



Derrière ce quatuor au-dessus de la mêlée sur tout le weekend, on retrouve notre habituel George Russell qui, discrètement, s'est assuré d'une très bonne P5 sur un circuit que Mercedes n'aime pas, et que leurs monoplaces n'apprécient pas non plus. Et cette édition 2022 n'est pas une exception, la W13 étant ultra-rigide, et donc très instable sur les nombreuses bosses du circuit monégasque. Une problématique qui aura d'ailleurs empêcher Lewis Hamilton de signer une meilleure prestation qu'une P8.


La faute aussi aux deux Alpines, Esteban Ocon puis Fernando Alonso, qui auront bouchonné le Britannique pendant les 65 tours de l'épreuve. Une défense rude, acharnée, et bien aidée, encore une fois, par un circuit bien trop étroit pour les voitures actuelles. Grâce à leur travail commun, les deux Alpines terminent P7 (Alonso) et P12 (Ocon, P9 mais pénalisé pour un contact avec Hamilton).



À la suite de la Mercedes de Russell, on retrouve la McLaren de son compatriote Lando Norris. Un excellent weekend pour le Britannique qui hisse une monoplace toujours impossible de placer clairement dans la hiérarchie. Surtout quand son coéquipier termine à une anonyme P13, en ayant comme seul fait d'armes du séjour d'avoir pulvérisé sa voiture dans les rails de la piscine. Le contraste est de plus en plus saisissant, et il y a fort à parier qu'entre l'ambiance qui ne semble pas être au beau fixe, les déclarations des patrons de l'écurie, et les performances plus que questionnables de Daniel Ricciardo, son avenir en orange est plus que menacé...



Valtteri Bottas termine sa course P9 et Sebastian Vettel profite de la pénalité d'Ocon pour rentrer dans les points. Un résultat plus que mérité pour l'Allemand qui avait déjà réussi l'exploit de hisser sa monoplace jusqu'en Q3 le Samedi après-midi. Deux bonnes performances donc qui contrastent avec celles de leurs coéquipiers respectifs, Guanyu Zhou terminant loin dans une course très poussive, et Lance Stroll finissant juste devant son compatriote, un peu devant le Chinois, lui aussi auteur d'une course anecdotique. Il aura cependant côtoyé les rails, à plusieurs reprises ce weekend, dont en course lors de la première relance après le premier drapeau rouge.


Nicholas Latifi, complètement à la ramasse ce weekend, sera lui aussi parti à la faute au même moment, mais à un autre virage. La fin de saison du Canadien se rapproche de plus en plus, et je doute qu'il arrive jusqu'à Abu Dhabi...


Déception pour Alpha Tauri, Pierre Gasly ayant un gros rythme pendant les trois séances d'essais se retrouve bloqué en Qualifications. Tsunoda échoue en Q2 quand la voiture avait la vitesse d'aller en Q3. Et en course, c'est une épreuve à oublier pour le Japonais qui termine dernier, et une audace mal récompensée pour le Français qui était le premier à chausser les intermédiaires. Il échoue à la porte des points.


Toujours du côté des mauvaises performances, les deux Haas abandonnent, dont Mick Schumacher qui termine sa course dans les TechPro de la piscine après une violente sortie de piste. C'est d'ailleurs majoritairement ici que c'est sorti tout au long du weekend, que ce soit en Formule 1 ou dans les catégories Juniors qui la suivait.



Une sortie de piste qui provoque un drapeau rouge, histoire de replacer les protections. Mais ce n'était pas le premier comme vous l'aurez compris en lisant, puisque la pluie tant attendue aura été un poil trop présente au début de l'épreuve.


Et pour être honnête, j'ai eu peur qu'un remake de Spa 2021 ne se déroule en principauté. Un départ repoussé de 15 minutes, pile le temps pour qu'une première averse arrive. Les voitures s'élancent pour les premiers tours sous Safety Car, et une seconde averse, bien plus fournie, pointe le bout de son nez. La piste est impraticable, drapeau rouge, et le départ ne sera donné qu'une heure après.


Un décalage un poil frustrant puisqu'on aurait pu rouler bien avant ce que les organisateurs ont indiqué, et nous aurions donc pu avoir encore plus de bataille et de spectacle sous la pluie. Et puis nous aurions aussi pu arriver au bout des 78 tours de course prévus initialement...



En bref.

Qualifications – Pole position de C. Leclerc.

| E. Ocon P10, P. Gasly P17.

Grand-Prix – Victoire de S. Pérez, suivi de C. Sainz et de M. Verstappen.

| C. Leclerc P4, P. Gasly P11, E. Ocon P12.



+ Pour la première fois depuis plusieurs années, le Grand-Prix de Monaco était intéressant ! (relativement à Monaco)

+ Sergio Pérez et Red Bull sont impériaux. Une démonstration stratégique.

+ Charles Leclerc au-dessus du lot ce weekend, sur sa planète...


– ... celle de la malédiction. La victoire lui était promise.

– Les Haas, Ricciardo, et les deux Canadiens, complètement absents ce weekend. Ils ne seraient pas venus, ça aurait été la même.

– Une piste étroite, absolument pas adaptée aux monoplaces actuelles. On le dit chaque année, mais cela nous prive de belles batailles et d'un résultat plus logique.


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