• T.A.

Le Simracing au féminin. (2/2)


FORMULA.
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Elles sont pilotes, commentatrices ou streameuses, et représentent une tranche des fans de Simracing très minoritaire mais pour autant de plus en plus visibles. Jessica Ball, fraîchement nommée commentatrice en chef de la plus importante ligue sur F1, la Premier Sim Gaming League, et Anastasia Lopes « AnaOnAir » ont répondu à quelques questions afin de dresser un bilan actuel et de comprendre les particularités d’être une femme et de partager sa passion pour le Simracing en 2021.



Casser le plafond de verre du compétitif.

Si la présence féminine dans le Simracing pour ce qui est de la création de contenu s‘est affirmé ces derniers mois comme nous avons pu le voir dans la première partie, nous en sommes encore très loin pour ce qui est d’une présence dans les plus grandes compétitions Esport. En effet, depuis la création des F1 Esports en 2017, aucune femme n’a participé au championnat. Pire encore puisqu’aucune femme ne s’est qualifiée pour aucune compétition qualificative sous l’égide des F1 Esports depuis sa création. En allant encore plus loin, nous pouvons rappeler qu’aucune femme à l’heure actuelle n’a participé à une ligue majeure (Apex Online Racing (AOR), World Online Racing (WOR), Online Racing League (ORL), Premier Sim Gaming League (PSGL) sur les licences F1 en première division. Bien conscient de cela, les organisateurs ont alors décidé en 2021 d’instaurer une place qualificative pour la Pro Exhibition (qui remplace la Pro Draft) à la pilote qui aura remporté une compétition regroupant exclusivement des femmes. Pour cette première édition, c’est une britannique du nom de Rebecca Morrell qui a remporté cette compétition. Malheureusement, très peu d’informations sont disponibles, et elle n’a pas participé à des compétitions de ligues, qui sont mixes et ouvert à tous. Il est donc clair que la tâche reste immense avant de pouvoir espérer voir une femme soulever le trophée des F1 Esports. Pourtant il ne faut pas minimiser cette avancée comme le rappelle Jessica Ball : « La Women's Wildcard était une bonne manière d’attirer plus de femmes à participer aux F1 Esports » . D’autant que les organisateurs ont beaucoup communiqué autour de l’évènement et diffusé sa promotion par plusieurs personnalités tels que Jamie Chadwick, championne des W Series 2020 et intervenante durant certains shows des F1 Esports, mais aussi via les créatrices de contenus (MaximeMXM, Theamusante). Cette F1 Esports Women’s Wildcard peut être donc présentée comme la première pierre d’un immense chantier pour amener une femme aux Pro Series.

Mixité ou compétitions dédiées : Comment amener les femmes vers le compétitif ?

Certaines voix se sont néamoins levées devant cette initiative, la compétition a été décriée sur les réseaux sociaux et Jessica Ball rappelle que « certaines femmes ont été visées ». Ce n’est pas sans rappeler le débat actuel que nous pouvons voir en sport automobile sur la manière d’inclure les femmes. De nombreux désaccord faisant surface quant à savoir si les W Series, une compétition exclusivement réservée aux femmes peut être une passerelle quand dans le même temps l’ensemble des compétions automobile est mixte, et donc pas fermée aux femmes. Il semble d’ailleurs qu’au sein même de la communauté féminine du sport automobile et de l’Esport, le sujet amène aux désaccords.


Lors de la préparation de l’article, deux points de vues se sont ainsi opposés : Anastasia Lopes défend « la mixité, elle est présente dans le sport auto notamment en Formule 1 et je suis contre et archi-contre les W Series qui sont une façon de mettre les femmes de côté et de mettre dans une compétition à côté. Il y a des filles qui se débrouillent super bien en compétition mixtes comme le GT, les proto etc. Et je suis persuadée que le jour où une fille sera talentueuse dans les formules de promotions elle aura sa chance pour arriver en F1 ». Jessica Ball à l’inverse défend ces compétitions qui « donne aux femmes une chance de montrer leur talent. De plus la pression est moindre car elles ne roulent pas au plus haut niveau. Mais cela leur permet d’apprendre énormément. Et même si elles n’atteignent pas la Formule 1 via le W Series, cela leur offre une passerelle pour accéder au monde du sport automobile à plus grand échelle (ingénieur, relations publiques, commentaires) ». Ce désaccord rappelle que l’effort pour promouvoir les femmes en compétition automobile et en Esport est très jeune, et en est encore aujourd’hui à ses balbutiements. Ce débat sur la scène du sport automobile est très similaire à celui de l’Esport ou la position de la mixité et de la compétition dédiée s’entrechoquent à nouveau. Il n’y a à l’heure actuelle pas de compétitions hormis les F1 Esports Women’s Wildcard sur la licence de Codemasters. En revanche, d’autres initiatives sont mises en place sur d’autres simulations comme le More Female Racers sur Assetto Corsa Competizione, parrainé par The Sim Grid, qui est une plateforme qui permet de réunir les joueurs et les organisateurs de championnats. Cette compétition d’endurance est une forme hybride mêlant compétition dédiée et mixité. Comme le présente Jessica Ball, qui a commentée les trois dernières courses la saison dernière : « Une femme doit prendre part au premier et au dernier relais de la course, pendant qu’un pilote plus expérimenté, pas forcément une femme, fait le second relais. C’était intéressant de voir la progression car les pilotes s’entraidaient au sein de l’équipage ».

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Bien que les créations de contenus, dans un premier temps, puis les organisations de compétitions et les initiatives privées, dans un second temps, font surface, elles sont encore bien trop récentes pour pouvoir espérer en voir aujourd’hui les résultats.


Il n’y à l’heure actuelle pas de femme en Formule 1 comme il n’y a pas de femme aux F1 Esports, mais du fait des efforts entrepris, la tendance peut aller vers l’optimisme. Plus il y aura de streameuses, et plus il y aura de femme pouvant potentiellement s’identifier, et franchir le pas vers le compétitif. La porte n’est pas fermée. Mais seul le travail, l’entraînement et la persévérance permettra de voir une femme tout en haut du podium.


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